La trinité

À ma dernière année de baccalauréat, je m’étais inscrit à un cours complémentaire d’éthique, dont j’ai oublié le titre exact. Le professeur (dont j’ai aussi oublié le nom) était un ancien moine d’origine chilienne, qui avait quitté les Ordres par amour pour une femme. C’est l’un des rares cours où j’ai apprécié les travaux d’équipe. Il insistait d’ailleurs pour que chaque équipe d’étudiants se donne un nom. Nous étions Les Tiques (devinez qui avait suggéré ça…). Les leçons à tirer du cours tournaient beaucoup autour de la trinité à la base du comportement éthique: la tête, le cœur et le corps.

TCCLa tête se veut le siège de la logique. Elle permet de juger des évènements avec une certaine distance, d’évaluer les conséquences des gestes, le contenu des choses et des paroles. Elle est le centre de la rationalité humaine.

Le cœur est le siège des émotions. C’est la compassion, l’amour, l’amitié, la peur. Tourné aussi bien vers les autres que soi-même. C’est là où se prennent les décisions qui parfois défient la logique pure. C’est le siège de l’intuition, de la morale.

Le corps représente la capacité de passer à l’acte. C’est la manifestation physique de la volonté humaine, peu importe ce dont elle est constituée. Le corps ne se pose pas de questions et n’en pose pas plus, ils agit.

Simplement en lisant ces descriptions, on pense immédiatement à des gens de notre entourage.  Ou a des évènements marquants. Certains ont une tendance plus marquée vers l’un ou l’autre de ces axes. La culture dans laquelle nous évoluons va aussi parfois encourager l’un plus que les autres. Sans la tête, le passage à l’acte peut être impulsif et illogique. Sans le cœur, on peut réfléchir et agir tel un technocrate, ou un exécutant qui se laisse guider. Sans le corps, on demeure dans les idées, émotions et concepts, sans jamais rien réaliser.

Présentement, on n’a qu’à ouvrir la télé, la radio ou un ordinateur pour voir des décisions insensées prises par des fanatiques religieux, ou d’autres décisions prises au nom de la rationalité (ou rigueur, pour emprunter le terme utilisé) qui ne tiennent absolument pas compte du désastre humain qu’elles engendrent. J’arrête ici les commentaires éditoriaux.

Les décisions que l’on a le plus de chances de considérer « bonnes » a posteriori sont celles où l’on réussit à prendre également en compte les trois dimensions. La tête fournit le plan de match et les conséquences logiques, le cœur évalue les conséquences sur soi-même et les autres de même que l’engagement profond nécessaire, le corps déploie l’énergie pour tout mettre en œuvre.

À mon sens, mais je peux me tromper, ceci s’applique à bien plus que l’éthique. Cet équilibre est essentiel à la recherche de sens dans ce que nous voulons entreprendre. Et dans notre vie.

Pouvez-vous identifier quelle est votre tendance naturelle?

Pouvez-vous identifier quelle est votre tendance naturelle?

Ceci met aussi en relief l’importance cruciale, tant dans la vie que dans nos activités professionnelles, de s’entourer de gens qui ont des penchants différents des nôtres. Bien que cela demande un effort supplémentaire (rien de plus énervant pour un ultrarationnel que d’écouter un collègue prendre en compte les émotions des gens…), c’est la meilleure façon d’apprendre l’équilibre. De comprendre les forces des gens qui ne sont pas comme nous. De les accepter comme des forces sur lesquelles il faut compter.

Je trouve donc émotivement logique de passer à l’acte de vous souhaiter de cultiver chaque aspect de votre personne, en cette année qui débute.

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